Présentation... de Brigitte Denis
 
 

Quand j’étais petite...

Quand j’étais petite, la vue d’une femme enceinte ou d’une mère poussant un carrosse me comblait de joie. D'aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours été fascinée par les mamans enceintes et les bébés. Oh, combien, petite, j'ai pris soin de mes poupées et combien, plusieurs années plus tard, j'ai aimé être enceinte et prendre le temps d'être maman à la maison. Aujourd’hui mon bébé est devenu une adulte, et si elle a été la seule à sortir de mon ventre, j'en ai tenu des centaines dans mes bras et dans mon cœur par la nature de mon travail.

Dès la fin des années 1970, je me suis beaucoup impliquée en périnatalité. Ainsi, j’ai travaillé à Alternative Naissance, le premier centre périnatal à voir le jour à Montréal. C’était alors le cœur de l’activité sage-femme de la grande région de Montréal. On y a donné les premiers cours prénataux permettant aux parents-en-devenir de se faire confiance et de contacter leur pouvoir personnel face aux décisions qu’ils auraient à prendre tant durant la grossesse qu’au moment de l’accouchement en prenant connaissance -et conscience- de toutes les alternatives au protocole médical proposé alors.


Un pas à la fois...

Dès 1978, je voulais être sage-femme, mais mes parents tenaient absolument à ce que j’aille décrocher un diplôme universitaire. J’ai choisi la sexologie qui, à mon avis, s’y rapprochait le plus. Dès mon diplôme en poche (UQAM, 1985), j’ai tout de suite travaillé en périnatalité, avec des couples et des femmes enceintes ou qui venaient d‘accoucher. C’est pendant ces années que ma fille est née.

De 1987 à 1991, je suis allée suivre une formation très complète en massothérapie, cumulant plus de 1500 heures dans plusieurs écoles, y compris la formidable formation d’instructrice en massage pour bébé (avec l’Association Internationale des Instructeurs en Massage pour Bébé). Tout cela m’a amenée à travailler avec plusieurs approches holistiques avec les mamans-en-devenir, en post-natal, avec les couples, avec les bébés et les jeunes enfants.

À partir de 1990, j'ai commencé à accompagner les nouvelles mères lors de leurs relevailles, et je l’ai fait pendant seize ans. Comme à l’époque, aucun service de soutien postnatal à domicile n’existait encore, j’en ai mis un sur pied (qui a d’abord porté le nom de Premiers Jours puis qui a changé quelques années plus tard pour Verte Semence). Ce service de soutien à domicile comprenait aussi un service de consultation périnatale à mon bureau. Pendant ces années, je suis aussi allée chercher la formation d’accompagnante à la naissance (avec Le Collectif des Accompagnantes de Québec) et ai travaillé en Maison de Naissance en tant qu’aide natale. Aujourd’hui, je ne fais plus de relevailles à domicile, mais je continue le counseling à mon bureau. C’est dans ce cadre que je donne la parole au bébé.

Durant ces seize années pendant lesquelles j’ai travaillé à accompagner les relevailles, j’implorais le Ciel que se présente à moi une méthode, un outil, un don, voire un gadget qui m'aurait permis de comprendre les demandes exprimées par un nouveau-né. Parfois, je devais prendre soin d’un nourrisson qui pleurait durant des heures d’affilée, et je me sentais souvent bien impuissante à le consoler malgré toute mon expérience et mes petits trucs. En fabulant, j'imaginais pouvoir brancher le bébé à un ordinateur où j'aurais pu lire noir sur blanc à l'écran les réponses à mes questions: «Pourquoi pleures-tu? Quel est ton besoin? Est-ce que ton besoin est de nature physique? Exprimes-tu une émotion? Comment te sens-tu? Que puis-je faire pour toi? Te souviens-tu de ta gestation, de ta naissance?» Quand j’ai adapté la kinésiologie appliquée et réussi à obtenir ces réponses de la part d‘un bébé puis d'un fœtus, j'ai sauté de joie. Enfin, je pouvais avoir accès au monde intérieur de l‘enfant, non par simple curiosité, mais pour apaiser profondément ses pleurs. Et surtout aider ses propres parents à mieux le comprendre et l’accompagner d’une façon consciente.


La vie plus douce...

Bien avant de penser à utiliser la kinésiologie auprès des bébés et des fœtus, j’ai fait l’expérience de donner la parole à la Sagesse en moi, cette partie, qui sait tout de moi, qui connaît tout de mes passés, de mon devenir et la meilleure façon pour moi d’évoluer à tous les points de vue. Me mettre à l'écoute de zones en moi qui m'étaient totalement inconnues, et réaliser que leur donner la parole me faisait la vie plus douce a été une révélation. Ainsi, au fond de moi -comme chez tous, petits et grands- veille une Sagesse accessible en tout temps!

La Kinésiologie Appliquée ( ou kinésio ) a frappé à ma porte à plusieurs reprises avant que je ne m'aperçoive de son formidable potentiel thérapeutique pour un bébé et ses parents. La première fois, j'avais à peine dix-sept ans; ce sont les soins d’un chiropraticien ayant traité efficacement l’arthrite d’un proche qui m’a initiée à cette possibilité. Dix ans plus tard, la Kinésiologie Appliquée a frappé à ma porte une deuxième fois alors que j’avançais dans ma formation de massothérapie. Un autre dix ans plus tard, je l'ai expérimentée cette fois-là en tant que cliente. Un torticolis récalcitrant m'avait amenée chez une massothérapeute qui utilisait également une forme de Kinésiologie Appliquée. Son approche avait été efficace, mais pour un court temps seulement parce que sa façon de travailler n'intervenait qu'au niveau strictement physique. Ses corrections n'avaient pas tenu très longtemps parce que les causes de mon symptôme prenaient également racine à d'autres niveaux de mon être (psychologique, émotionnel, spirituel, énergétique, relationnel et existentiel) que j’ai pu explorer plus tard, mais que cette thérapeute n’abordait pas.


Une nouvelle approche...

La quatrième fois fut décisive! J’ai rencontré la Kinésiologie Appliquée encore une fois en tant que cliente. Je n’arrivais à trouver ni la cause ni le remède d’une grande fatigue qui m’accablait. Mon acupuncteure m’avait recommandée la kinésiologue Diane Langlois qui fut la première à m’ouvrir les portes de toutes les sphères en moi qui font qui je suis, c’est-à-dire mon corps physique, mon cœur, mes pensées et mon âme. Diane Langlois a mis sur pied un protocole de questionnement qui tient compte de l’Être complet et global. Elle l’a nommé Kinésiologie Dynamique®.

Après avoir constaté les résultats étonnants sur moi-même en tant que cliente, j’ai suivi sa formation qui s’est échelonnée sur deux années riches en prises de conscience personnelles. Comme par mon travail d’aide natale, j’étais constamment entourée de femmes enceintes et de nouveaux parents, ce sont avec eux tout naturellement que j’ai commencé à m’exercer. Puis, par des «hasards», je me suis aperçue que je pouvais contacter directement le fœtus d’une femme enceinte et le bébé d’une nouvelle maman. Pendant plusieurs mois, j’ai alors travaillé à modifier et adapter la kinésiologie appliquée pour enfin réussir à donner la parole au fœtus et au nourrisson.


L’envers des décors...

J’ai toujours été curieuse et fascinée par l’envers des décors. Déjà toute petite, ma mère m’amenait rencontrer les acteurs des pièces enfantines dans leur loge après la représentation. Prendre conscience que derrière le personnage de «Paillasson» vivait un Jean-Louis Millette m’a ouvert les yeux sur un autre aspect de la vie. J’ai réalisé très tôt que derrière toutes les façades, d’autres scènes pouvaient aussi se jouer.

Enfant, à la maison aussi j’ai constaté cela très vite et ressenti que des sourires pouvaient essayer de cacher des drames. Ce fut des semences qui m’ont poussée à regarder les gens - et les bébés - avec un regard différent, cherchant la vraie personne (la face cachée) derrière son personnage, son apparence ou son déguisement qu’ils soient conscients ou non. Pour cette raison, j’adore marcher dans les ruelles. On y découvre une réalité non visible de la rue qui m’aide à prendre le pouls d’une ville, d’un peuple.


Mon prénom...

Pendant très longtemps, je n'ai pas aimé mon prénom jusqu'à ce que j'y découvre un sens positif et constructif. Du «bris dans le gîte (ou dans le nid)» présent au cœur de Brigitte et de Denis et de la souffrance que révélait mes passés, j’ai réussi à extirper de mon prénom une deuxième signification. Je comprends maintenant que ma vocation peut également prendre sa source dans sa racine «bridge» qui m’invite à servir de pont.

J’ai d’abord approfondi la faculté de faire un pont entre les diverses zones de mon propre Être avant de l’appliquer aux les autres personnes. Lors d’une consultation de PAB, dans cette relation qui se révélera thérapeutique à tous les niveaux de la personne tant pour le bébé que pour ses parents, je sers de traductrice ou de facilitateur pour la Sagesse de l’enfant et la Conscience de ses parents. Je ne suis donc qu’un outil qui permet le pont entre eux, un pont dans les deux directions, c'est-à-dire de l'enfant vers ses parents et des parents vers l'enfant. Ainsi, par mon travail, je permets qu’entre eux s’établisse un dialogue.


Un merci particulier à Rob du studio Serengeti pour la photo qu’il a prise de moi et que l’on retrouve aussi en couverture arrière de mon livre.


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